Analyse technique vs analyse fondamentale

Bonjour,
Ces deux Stratégies sont très connus en bourse pour espérer (avec des risques significatifs) gagner de l’argent.

D’un côté il y a l’analyse fondamental qui se rapporte à des analyses d’offres et de demande, sur le côté macroéconomie, décisions politiques, météorologie, séisme, guerres, décisions de banques centraux, business modèles, démographie, changement de paradigme…

Et l’analyse technique (moyenne mobile, Ichimoku, supports, résistances, imbalances, Fibonacci, ICT/SMC).

Qu’est-ce que vous préférez parmis ces deux approches ?
Personnellement je suis très sceptique vis à vis de l’analyse technique (d’ailleurs Charlie Munger avait bien ou de considération) que je trouve parfois proche de l’astrologie avec le chartisme. Si vraiment c’était facile, les gens seraient riches or les plus riche au monde ne le sont pas grace au trading. Même s’il y a de la psychologie dans les marchés, il faut savoir que les marchés financiers sont souvent très efficients. Le concept de pic de plus en plus haut et de creux de plus en plus haut pour prendre position me semble un peu hasardeuse même si ça peut se comprendre. Il y a beaucoup de biais et l’analyse technique me semble être une prophétie auto réalisatrice.

Beaucoup d’influenceurs parlent d’analyse technique pour les entraîner dans un groupe privé, font montrer que c’est technique donc pas facile mais que cela s’apprend assez facilement pour que les gens (débutant) déposent et tradent sur une plateforme souvent peu ou pas régulés et au final… beaucoup de particuliers perdent.

J’ai toujours eu bien plus de considération pour l’analyse fondamentale qui selon moi est centrale dans l’évolution des cours.

Sinon l’analyse quantitative me paraît être bien plus rigoureuse et objective et est utilisé par les institutions. Cela nécessite à la différence de l’analyse dite technique (qui n’est pas si technique que ça) de réelle compétence en mathématiques et informatiques (d’où l’emploi d’ingénieur X par les grandes banques).

Quel est votre avis sur ce sujet ?

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Bonjour Adrien,
J’ai toujours considéré, moi aussi, que l’analyse technique était du bullshit essentiellement utilisé par certains pour justifier des prises de position plutôt que de rester dehors à contempler le marché en se demandant par quel bout le prendre. Ca ressemble au jeu de trouver à quoi ressemblent les nuages…Je n’ai jamais entendu parler de personne qui soit devenu riche avec l’analyse technique, et les hypothèses sur lesquelles elle repose pouvaient peut-être être valables dans le marché médiéval du riz au Japon, mais certainement plus à l’ère des ordinateurs et des hedge funds. Même les chandeliers japonais sont à mon avis une méthode de représentation trop répandue qui biaise l’observation du marché. Lequel est quand même plus proche d’une marche aléatoire parsemée d’inefficiences souvent explicables par des raisons techniques (prises à contrepied de grosses positions par exemple) bien identifiables pour qui a accès à l’ensemble de l’information de marché.
Pour l’analyse fondamentale, je trouve la chose très décevante : ça demande énormément de travail, même sur de petites valeurs, et le marché peut rester imperméable à des arguments fondamentaux pourtant irréfutables pendant des années. Certes, la vérité finit par éclater pour quelques pépites et même si ça n’est pas toutes, on peut se faire de supergains. J’ai connu quelqu’un qui le faisait, mais il y passait des heures tous les jours sur les documents comptables. L’analyse superficielle du genre le pétrole va être cher pendant encore 3 mois donc j’achète Total ne mène nulle part, Total est à son prix compte-tenu des informations disponibles.
L’analyse quantitative permet de se contrôler, de vérifier qu’on ne prend pas de risques au-delà de ce qu’on s’est fixé, mais ça n’aide pas tellement à s’enrichir. Ce que j’ai compris de la fortune de Jim Simmons, c’est qu’elle vient de ses innovations mathématiques, de développements en finance quantitative et non de la simple utilisation de cette finance. Je pense que les quants sont bons et recherchés parce que le modèle de marche aléatoire, ceux de volatilité dépendant du temps, etc. donnent une compréhension fouillée du marché et permettent d’éviter beaucoup d’erreurs. De plus ils prennent l’habitude d’une certaine rationalité, et puis ils ont l’esprit scientifique qui était relativement commun dans ma jeunesse et qui a largement disparu. J’ai l’impression que ça n’est pas si compliqué que ça, mais ayant justement fait l’X, je ne peux pas vraiment juger :smiley:

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Bonjour Michel,

Navré pour cette réponse un peu tardive et merci pour votre avis ! :slight_smile:
Alors il y a le momentum (exemple l’action Sandisk où j’ai loupé une montée de 28% après une fulgurante ascension…mais avec un risque élevé de chute violente après des hausses exceptionnelles) mais effectivement je trouve l’analyse technique très hasardeux. Il est beaucoup utilisé par les finfluenceurs qui redirigent les novices vers telegram et la grande majorité ayant peu voire pas de connaissances perdent. 9 formateurs sur 10 sur les réseaux sociaux sont pour moi médiocre et non souvent aucun bagage en finance. Un ne savait même pas ce que c’était la suite de Fibonacci.

Je ne connais pas le marché médiéval du riz au Japon.
Aujourd’hui les algorithmes prennent en compte les figures chartistes apparemment (vu une vidéo avec Jokariz qui évoquait cela).

Concernant les chandeliers japonais c’est mieux que les simples graphes mais ça ne suffit peut-être pas à voir la profondeur des marchés. Certains avancés utilisent BookmMap…et il faut savoir maîtriser.

Le contre-pied des grosses positions ce sont les imbalances ?

Effectivement les marchés ne sont pas toujours rationnels et des pépites peuvent être dévalorisé longtemps. Une citation dit que le marché peut rester plus longtemps irrationnel que l’on est solvable. Le salaire horaire de l’analyse fondamental très incertain est souvent très faible…mais ceux qui en parlent sur les réseaux sociaux même s’ils peuvent avoir des bonnes formations…ce n’est rarement désintéressé (funnel). Cela peut être un investissement si on est passionné et que le formateur est compétent…mais pour rentabiliser il faut du capital, du temps et de la discipline et pas de malchance.

Ah ouai ça permet de limiter la perceuse de risques. J’ai entendu dire que ça permettait d’avoir un gain presque assuré sur le long terme avec un rendement de base faible mais avec les emprunts des fonds quantitatifs que ça pouvait le booster…

Jim Simons a toujours recherché à se démarquer pour avoir un alpha (surperformance) avec que les autres ne le rattrapent si je ne me trompe pas.

Les gens en effets sont moins bons en maths. Beaucoup ignorent les effets des intérêts composés ou des frais composés (frais bancaires ou emprunts) jusqu’à ce qui le subissent.

C’est une grande gratification d’avoir réussi l’école la plus réputée de France ! (Même si d’autres écoles sont réputés dans leurs domaines comme Supaero, Central, les Mines, HEC et l’ENSAE (qui forme aussi des statisticiens).

Bonjour @AdrienP,

Pour apporter mes deux centimes à la discussion, je suis sur le principe plus partisan de l’analyse fondamentale que l’analyse technique. Je rejoins MichelO sur le coté « bullshit » et le manque de preuve que cette méthode fonctionne…

Après plusieurs siècles d’existence et plus de 100 ans sous sa forme « moderne », force est de constater que les investisseurs professionnels réellement capables de battre régulièrement les marchés sont quasi inexistants.

Battre le marché une année ou même 5 ans peut arriver. Le battre sur 15, 30 ou 50 ans, après frais, avec un vrai capital géré, c’est exceptionnel.

Les études SPIVA de S&P Dow Jones montrent justement que la persistance de la surperformance est faible : la majorité des gérants actifs sous-performent leurs indices sur longue période, et les fonds qui surperforment une période ne restent pas souvent en tête ensuite.

Depuis 1900, seulement 8 personnalités/fonds ont réussi cette prouesse, mais a priori aucune en reposant principalement sur l’analyse technique :

Investisseur / fonds Période approximative Style Niveau de preuve
Warren Buffett / Berkshire 1965-2024 Value, capital allocation Très élevé
Jim Simons / Medallion 1988-2021 env. Quantitatif Élevé, mais privé
Peter Lynch / Magellan 1977-1990 Growth/value stock picking Élevé
Soros / Quantum 1969/1970-2000 Global macro Bon, mais fonds privé
Druckenmiller / Duquesne 1981-2010 Global macro Bon, mais fonds privé
Walter Schloss 1955-2002 Deep value Bon
John Templeton 1954-1992 Value international Bon
David Swensen / Yale 1985-2020 Allocation institutionnelle Très bon

Et beaucoup de ces performances reposaient sur des conditions difficiles à reproduire : petite taille initiale, accès à des deals privés, effet de levier, horizon très long, discipline extrême, fiscalité, structure de fonds fermée ou avantage informationnel/technologique. Donc s’inspirer de ces méthodes n’est pas forcément pertinent pour un investisseur particulier.

L’analyse fondamentale est pour moi plus parlante et logique, Cf. les avis de Grégoire et Quentin sur certaines actions :

Mais en définitive, la Bourse reste un modèle chaotique avec une multitude d’influences, comme la météo. Donc que ce soit analyse technique ou fondamentale, il y aura toujours une part d’incertitude et d’erreur. Les pépites fondamentales qui ne décollent jamais par exemple.

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Bonjour, du coup, on est vraiment pas sorti d’ affaire en tant que petits investisseurs pour ceux, comme moi, qui ne sortent pas de ces grandes écoles … Pour tenter d’y voir clair : on fait un peu comme on peut en toute cas avec un PEA en gestion libre.

Bonjour Antoine, bonjour Le Bordeluche,

Merci pour votre avis.
Personnellement j’ai essayé en stock picking mais je n’ai pas réussi à battre le marché malgré le fait que j’étais censé avoir investir sur de bonnes entreprises. Alors oui certaines section actions continuent de monter vite mais jusqu’au jour où elles plongent violemment (et là les influenceurs financent disparaissent ou de taisent).
Certains influenceurs finance disent « je vous avais dit, il fallait investir dessus » après coup mais occultent leurs échecs. Beaucoup se ventent de leur rendement de 30 % voire de 50 % par an.

Comme l’un des rares gérant très bon ; on peut rajouter aussi William Higgons de Indépendance AM qui a battu marché pendant de nombreuses années.

Il y a d’autres moyens après pour être moins soumis aux aléas quoi que ce n’est jamais totalement écarté mais on maîtrise plus ; le cas de l’entrepreneuriat. C’est bien plus risqué mais ça passe ou ça casse. Si une personne à 80 % de chance d’échouer au bout de 5 ans, si on commence plusieurs fois, contrairement au trading les statistiques deviennent plus favorable avec l’expérience et une personne qui a passé des milliers d’heures a trouvé la solution décoller et changer d’univers social (c’est comme cela que Bill Gates, Xavier Niel etc. ont émergés. Ceci dit il faut énormément d’efforts d’énergie de temps des ressources importantes (30k€ voire plus) et souvent réalisée des levées de fonds ; ce qui n’est pas si évident !

Je profite pour vous parler du moment où je croyais à tort que l’analyse technique permettait de rapporter de l’argent pas si difficilement. Il y a un moment où je vais tester des prises de position sur moins de 30 secondes. Si fut un moment extrêmement stressant. Je me faisais souvent avoir par les stop loss qui était censé protéger mon capital mais me faisait sortir tôt. Je pensais qu’on pouvez deviner les figures géométriques de micro variation et les exploiter mais je me suis bien trompé. Il fait déjà rentabiliser le spread. Il m’arrivait de prendre mes gains trop tôt et de baisser le stop loss voire de le supprimer et de transformer un scalping en swing trading et de subir un gap même avec un stop loss placer juste avant la fermeture du marché.
Les pertes étaient bien plus grande que c’est dont je m’étais fixé mais heureusement je m’étais sur le compte une somme dont je pouvais me permettre de perdre. J’étais peut-être naïf mais j’espérais réaliser 20% en une semaine (avec le recul je me dis que c’est irréaliste mais je ne raisonnais pas un intérêt composé*). J’ai finalement été en perte. J’avais eu le piège de gain en compte virtuel sur un marché qui était particulièrement aussi à un moment donné (vision biaisé). Malgré quelques pertes je regrette pas cette expérience car je me dis au moins j’aurais essayé et le coup de la perte est inférieur au coût du regret que j’aurais eu si je n’avais jamais essayé. Maintenant je me concentre sur l’investissement long terme et même maintenant je tu me rends compte que je soupe performe nettement en stock picking par rapport aux ETF d’où le fait que je renforcerai certainement à l’avenir plus les ETFs (qui demande paradoxalement moins de temps de gestion). C’est c’est vraiment contre intuitif mais les efforts bourse ne paye pas toujours parfois c’est même le contraire.

*J’étais surpris d’apprendre que 1 centime d’euros doublé pendant 40 jours faisait plus d’un million d’euros !