Le levier en bourse

Bonjour,

Je voulais aborder ce sujet car je trouvais intéressant pour de nombreux investisseurs.

De base le levier est un moyen pour accélérer ce qu’on souhaite faire, enfin sur le papier. Présent dans différents domaines (start-up, immobilier, bourse…) il permet (en théorie du moins) de pouvoir accélérer sa croissance. Certaines personnes l’ont utilisé pour bâtir des fortunes immobilières (en l’utilisant bien avec les risques que cela présente). En immobilier avec 10000€ de fond il est possible d’acheter 100000€ avec un emprunt et en payant des intérêts sur mettons 25 ans si l’apport de 10% est accepté. Cela fait un levier de 10.

Le problème c’est qu’en bourse, il n’y a pas ce système-là. J’ai cru au tout début (naïvement) que des leviers très important etaient un ascenseur sociale mais je me suis aperçu que même modéré (disons x5) on pouvait y perdre. Il suffit de faire à titre d’exemple +50% (au lieu de +10%) puis +50% (au lieu de +10%) puis -100% (au lieu de -20%) pour être ensuite ruiné au lieu d’être a peu près à l’équilibre. Avec le levier il est pas rare d’être sorti en perte alors qu’à long terme, on peut avoir raison. Dans certains on peut perdre plus que sa mise initiale. Les produits a levier on tendance à s’erroder avec le temps (frais) même les ETFs leverage (explique par Matthieu Louvest via le beta slippage). On peut s’apercevoir que sur la bourse, les emprunts ne sont pas sur 25 ans (contrairement à l’immobilier).

Sachant qu’on devra investir en bourse pour la retraite parce que il y a de moins en moins de naissance et que l’on devra capitaliser et que l’immobilier risque de devenir moins rentable en sachant qu’il y a de moins en moins de personnes en France donc les prix risquent de chuter sans compter que cela risque d’être plus cher de rénover. Il se pose la question de la rentabilité de l’immobilier qui risque d’être moins élevé. Alors qu’il sera indispensable de faire grossir son capital et de se générer une rente. Mais le problème beaucoup de personnes n’ont pas assez de revenus pour bien capitaliser. Actuellement le problème c’est que les gens peuvent emprunter pour l’immobilier mais quasiment jamais pour investir en bourse (hors crédit Lombard et CFD sachant que les CFD ne sont pas vraiment un emprunt et que la grande majorité perd (comme l’avait dit @MichelO). Face à cela, je me pose la question : est-ce qu’une banque ou un courtier pourrait proposer d’emprunter sur 25 ans en utilisant les mêmes conditions d’emprunt que pour un crédit immobilier à ceci près qu’il n’y aurait pas d’hypothèque sur l’immobilier. Ceci dit il y aurait une nécessité de déposer au départ 10000 € de garantie par exemple pour pouvoir avoir des fonds débloqué, par exemple de 100k€ avec remboursement mensuel sur 25 ans. Ensuite l’achat d’ETF, d’actions ou d’obligation se ferait par celui qui a souscrit un emprunt mais celui-ci serait obligé de garder ses actifs sur la plateforme (le montant qui n’a pas été remboursé). Par exemple si la personne à remboursé 20000 €, celle-ci ne peut retirer que 20000 € si ces actifs valent 100000€ (montant de l’emprunt) mais peut retirer 60000€ si ces actifs valent ensuite 160000€. Et si ses actifs valent 170000€ et qu’elle a remboursé 25000€, elle peut retirer 95000€ (en ayant vendu 70000€ d’actif). Et dans la situation où les actifs valaient 82000€ (moins value de 18000€) alors que le client aurait remboursé 30000€ d’emprunts, le client ne pourrait retirer que 12000€ (il ne pourrait retirer en plus sa garantie que si son compte a été fermé et ses actifs vendus sur la plateforme de courtage soit un retrait de 12000€+ garantie 10000€ auxquels est soustrait les frais de courtage et de slippage).
La garantie servirait a couvrir des frais annexe et un slippage (sécurité du courtier). Que pensez-vous de ce modèle ? Existe-t-il ? Serait-il possible de le mettre en place ?

Bonjour Adrien,

En fait, ça existe plus ou moins avec le trading sur marge, le SRD, etc., mais en pratique, il n’y a qu’avec IB que ça peut être rentable, et encore. Comme il est dit dans l’excellent article sur le SRD ( Tout sur le SRD en bourse (Service de Règlement Différé) ), les frais d’intérêts et de prorogation bouffent une bonne partie du bénéfice, sans parler des impôts.

Bien sûr, on pourrait avoir un prêt “valeurs mobilières” comme on a des prêts immobiliers, mais la législation est favorables aux garanties immobilières et beaucoup moins aux garanties mobilières, si bien qu’on se retrouve avec les conditions du crédit lombard : une fois qu’on a une bonne envergure financière, le banquier est prêt à vous faire de bonnes conditions. Avant…. Si vous avez de riches parents, vous pouvez leur demander de se porter caution pour un prêt personnel sans justificatif. C’est une option pour la “transmission” trop rarement envisagée. Si vous avez de riches amis, vous pouvez faire pareil, ou leur emprunter directement. Ca peut aussi être un moyen de se brouiller avec eux, mais ça peut marcher. J’ai ainsi prêté une somme à un ami, contre reconnaissance de dette. Il a acheté des bitcoins avec en 2015, et m’a remboursé sans problème 6 ou 7 ans après.

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Bonjour Michel,

​Merci pour ces précisions, c’est très clair. Effectivement, entre les frais de prorogation du SRD et la fiscalité, l’effet de levier « classique » devient vite un gouffre si on n’a pas les reins solides ou un courtier ultra-compétitif comme IBKR.

​L’option de l’emprunt à un proche que tu évoques me parle tout particulièrement. C’est d’ailleurs la stratégie que j’ai adoptée il y a 10 ans : j’ai emprunté à un tiers pour investir personnellement dans un stock de 20 téléviseurs plasma.

​À l’époque, c’était un pari sur la technologie et la rareté à venir. Aujourd’hui, je souhaite faire une plus value sur ce stock pour financer un projet qui me tient à cœur : l’ascension de l’Everest. Cela risque cependant d’être compromis vu que je n’arrive pas à vendre les télévisions à 15 % de leur prix acheté alors que j’espérais doubler mon capital sur 10 ans.

J’avais vendu mes 200 bitcoins en 2011 pour acheter du silicium, un élément bleu extrêmement rare qui constitue le panneau solaire. On m’avait conseillé cela. Mais ça n’a pas du tout porté ces fruits. :melting_face::upside_down_face::fish:

Pour reprendre la question du levier.
Plutôt que de faire du levier artificiel (sur produits dérivés : ETF leverage, Futures, CFD, options…), ma stratégie est de choisir des « leviers naturels » c’est-à-dire des small caps ou des actions volatils comme Tesla, Pallantir ou de la cryptomonnaie .
Une location de 90 % d’ETF MSCI World ACWI et de 10 de ces « leviers naturels » permet de créer une asymétrie favorable je trouve.
Au lieu sur des actions à levier de se faire liquider, de subir une perte de temps et du stress (c’est un couple implicite très important voire énorme), en spot le temps peut jouer à notre faveur. On peut risquer 1 et gagner potentiellement 10. Une multiplication par 10 peut ainsi considérablement changer notre patrimoine alors qu’une perte totale représentera au pire 10% de notre portefeuille (la part « satellite »).

Bonjour Adrien,

C’est ça, ce que vous appelez “levier” est la volatilité, et c’est exactement l’argument que j’utilise pour défendre la diversification : il ne s’agit pas de se protéger contre des baisses, mais de s’exposer à des hausses formidables qui font oublier les inévitables baisses. Mais ça reste difficile, parce que par rapport à l’indice, il va vous falloir quand vous séparer d’une valeur qui a monté pour en choisir une autre qui n’a pas encore monté. L’indice, lui, contient ces valeurs et les garde d’autant mieux qu’elles montent, et il est difficile à battre…

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Je pense qu’il y a une distinction utile à ajouter dans la discussion :

Ce que vous appelez “levier naturel” n’est pas vraiment du levier au sens financier.

Acheter Tesla, une small cap ou de la crypto au comptant, c’est surtout prendre plus de volatilité et plus de concentration, mais ce n’est pas la même chose qu’un levier sur marge, un future, un CFD ou un ETF à levier.

La différence est importante, car avec une position volatile achetée au comptant, le pire cas est en général la perte de la ligne. Avec du vrai levier, on ajoute en plus le risque d’appel de marge, de liquidation forcée et parfois une perte supérieure à la mise selon l’instrument utilisé.

Donc la poche “90 % ETF monde / 10 % actifs très volatils” peut avoir du sens comme stratégie satellite, mais je la décrirais plutôt comme une stratégie de concentration asymétrique que comme une stratégie de levier.

Autre point utile : les ETF à levier ne sont pas juste des ETF “plus puissants”. Ils visent en général un multiple de performance sur une journée, ce qui fait qu’à long terme le résultat dépend beaucoup du chemin de marché, pas seulement de la performance finale de l’indice.

Au fond, je dirais donc :

  • MichelO a raison de dire qu’on parle ici surtout de volatilité ;

  • AdrienP a raison de préférer une poche spéculative au comptant plutôt qu’un levier qui peut liquider ;

  • mais volatilité élevée ≠ levier financier.

Et c’est justement cette nuance qui change complètement le profil de risque.

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Bonjour Michel,

Ce que je compte faire désormais plutôt que le levier c’est de privilégier le risque mesuré sur le spot pour éviter des liquidation sur produits dérivés qui arrive encore plus vite dans ce contexte ce géopolitique particulier.
William Higgons lui a misé sur des actions smalls et mids cap dans son fonds qui a fait de mémoire 13%/an de performance soit 3-4% de plus que le marché ce qui est pas mal. Cela peut être psychologiquement difficile de vendre une valeur qui monte toujours sachant que l’on dit qu’il faut laisser courir ses gains mais que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Il y a cet effet momentum évoqué par Thami Kabbaj ou Nicolas Chéron. Une action qui monte a souvent tendance à monter…(mais si elle devient de plus en plus survalorisée, elle est susceptible de causer un drawdown de plus en plus violemment). Vendre peut être une nécessité mais c’est souvent plus difficile que d’acheter.

Bonjour Antoine, oui en effet ce n’est pas un levier financier. Effectivement dans le levier sur marge les risques sont bien plus importants. Concernant les ETFs leverage il y a cette effet d’érosion du capital que vous expliquez dans vos articles.
Je n’avais jamais entendu parlé de la « stratégie de concentration asymétrique » mais c’est intéressant ; j’en apprends tous les jours.

Un autre levier (mais ce n’est pas du levier de marché financier) c’est l’entrepreneuriat. Celui-ci permet de générer un flux de trésorerie qui peut être investit en bourse. Pour être honnête, si admettons une performance annuel de 9% brut par an, ajouté à la fiscalité et à l’inflation, on peut tomber sur du 3% net par an inflation et fiscalité comprise. Chose peu ou pas évoqué par les créateurs de contenu finance car je pense que cela susciterait moins d’engagement (et de revenu pour eux).

Pour une personne lambda, il sera difficile voire impossible de s’offrir une villa avec piscine et automobile de collection. Mais L’investissement permettra, si bien réalisée, une retraite décente dans un contexte de mis à mal de la retraite par répartition.

Beaucoup de finfluenceurs vont parler de levier pour faire espérer les investisseurs mais la majorité vont perdre, par manque de formation et de pratique et d’informations et surtout sur les courtiers B-Book (pas d’ordres mis sur le marché, le broker fait office de contrepartie et gagne sur les pertes dès clients, très souvent offshore). Les brokers régulés sont A-Book (ECN/STP et mettent les ordres sur le marché).

Une autre mode chez les influenceurs finance est de parler des propfirms (une sorte de levier) mais c’est la zone grise niveau réglementation et le coût des challenges et la rareté des sélections et les difficultés de retraits parfois font que cela est très discuté. Pour le moment les brokers français n’en proposent pas et je ne me suis pas lancé dans cela.

Propfirm
B-Book/A-Book

Bonjour Adrien,

Pour les valeurs qui montent beaucoup, vous pouvez réduire votre position sans tout vendre. Perso, je ramène ainsi mon prix de rient à zéro en revendant pour le montant que j’avais investi et en gardant le reste.

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Bonsoir Michel,
Bien vu. Ça m’a été enseigné par un ancien collègue et j’ai appliqué cela. J’achète 300€ d’action X (par exemple) et je revend 300€ dès que j’ai 600€ de montant (ou 300 de plus value). Parfois on peut même revendre en tenant compte de la fiscalité pour se dire qu’on a rien perdu au pire.

Pour le levier (ou en spot), ile st courant de voir des gens placer leur SL à zéro quand ça monte voire remonter les SL ensuite.

J’ai complété ma précédente réponse entre-temps.

A propos des propfirms et de l’effet de levier en général, je rappelle ce que j’avais dit une fois : vous croyez pouvoir trader parce que vous faites des bénéfices sur plusieurs mois de suite quand les néophytes se plantent à la première liquidation. Mais une fois toutes les quelques années, il vous tombe un cygne noir dessus, et vous sautez.

Oui en effet et c’est encore plus piegeux quand on investit depuis longtemps. Plus on gagne, plus on prend du levier jusqu’à se faire liquider.
Le prochain « cygne noir » pourrait être une invasion terrestre des américains en Iran avec embrasement (comparable?) à la terrible guerre du Golf (même si chaque guerre possède sa singularité).
Je ne sais pas d’où vient ce terme de cygne noir (peut-être la forme du cou qui illustre une puissante chute brutale et durable) ; toujours est-t-il que dans la nature les cygnes noir, ça n’existe évidemment pas (je vous voit venir, sauf s’ils sont recouverts de mazout…des oiseaux avaient été (tristement) recouvert de pétrole lors de la guerre du Golfe.

Bonjour Adrien,

Black swan, ou cygne noir, est le nom usuel du Cygnus atratus, un cygne australien noir. Jusqu’à la découverte de l’Australie, personne n’avait jamais imaginé qu’un cygne puisse ne pas être blanc. C’est Nassim Nicholas Taleb qui a popularisé dans un livre que chacun devrait lire l’utilisation du terme pour un événement inimaginable jusqu’à ce qu’il se produise.

En ce sens, une invasion terrestre de l’Iran, hypothèse dont les journalistes nous rebattent les oreilles matin midi et soir, n’aurait rien d’un cygne noir. Un cygne noir, ce serait la conversion de Trump à l’islam chiite et son pèlerinage à Khom…

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Bonjour Michel,

Je viens de regarder sur le net et effectivement je n’en revient pas ; ça existe vraiment !

Je vois ce que vous voulez dire, c’est loin d’être imprévisible si les troupes aux sols sont déployés. Cela n’empêche pas ceci dit d’avoir un possible krach boursier.

Ce qui est arrivé à New-York il y a 25 ans est je pense typiquement un cygne noir. Ce serait également le cas si le Yellowstone se mettrait en éruption.

Je me permets d’insister sur le bouquin de Taleb. Quand je dis que chacun devrait l’avoir lu, je suis sérieux. Surtout en cette période où l’IA nous vante les mérites du Médiocristan, il n’est pas mauvais de mieux connaître l’Extremistan, par le biais d’un auteur didactique et cultivé.

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Merci pour cette recommandation.
Je suis en train de lire en ce moment un livre intitulé « la finance pour les nuls » et cette personne fait référence à cet auteur à travers le livre dont vous parliez.

Pour revenir rapidement sur le levier en bourse, je me suis rendu compte que pour moi le levier n’était pas adapté et notamment à travers les CFD (stress, temps passé et nécessité d’avoir une expertise élevés jeux politique et sur les actions que je n’ai pas avec un suivi permanent ; une chose qui tu es plutôt adapté aux traders professionnels).

Par le créateur de contenu j’ai parcontre appris quel courtier néerlandais proposait un type de levier avec nantissement d’actif (sans avoir besoin de 100k) qui se rapproche du crédit Lombard pour acheter des actions réelles. Je trouve ce système plus serein.

Bonjour,

Perso, je trouve le levier “vrai” très dangereux, non pas par risque de sauter, mais par risque de se retrouver dans une situation où avec le stress et les contraintes on gère mal. Je m’arrange donc pour rester en “faux” levier, c’est à dire à être couvert sur tout engagement à levier. Le crédit lombard est en principe attrayant, mais il faut déjà avoir une certaine envergure, et alors on est moins attiré par du levier.

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