Bonjour,
Dans le contexte actuel de baisse des actions et des métaux précieux et d’augmentation des rendements obligataires, quels placements restent encore possibles ?
- Vendre les obligations actuelles pour en souscrire de nouvelles : encore faut-il avoir si la hausse des rendements obligataires est durable (peut-on imaginer le même scénario qu’en 2022 ?)
- Diversifier en investissant sur des SCPI par exemple.
A vos avis :).
Bonjour,
Il faut bien comprendre que les obligations, nouvelles ou anciennes, valent le même prix les unes que les autres quels que soient les taux. Les différences vont se faire sur la durée jusqu’à l’échéance et la sensibilité aux variations de la courbe des taux. Mais si vous avez acheté il y a 5 ans une obligation de 10 ans qui rapportait du 2%, elle vaudra à peu de choses près, si les taux sont montés de 2 à 4%, le même prix sur le marché secondaire qu’une obligation nouvelle de 5 ans à 4% : son cours aura baissé en gros de moitié pour que son coupon de 2% facial représente bien 4% du nouveau cours.
Donc il n’y a pas d’intérêt à vendre les obligations qu’on possèderait pour en acheter de nouvelles, et en pratique il vaut mieux avoir un fonds obligataire dont les gérants ajustent en permanence les questions d’échéance et de sensibilité (ce qui ne les empêche pas de subir les pertes ou d’encaisser les gains en cas de variation des taux). Donc aussi, la courbe des taux reflète les anticipations d’évolution du marché, et les cours sont déterminés par cette courbe, il faut avoir de solides convictions pour faire des anticipations différentes, et bien voir que seules comptent les différences entre ce que vous anticipez et ce que le marché anticipe, pas le fait que vous anticipiez quelque chose quand le marché serait figé sur la situation présente.
Question scénario, il est très tôt pour faire des projections. Les taux français sont passés de 3.30% à 3.70% en 3 semaines. Il y a un seuil, que personne ne connaît, au-delà duquel l’avalanche se déclenche. Tant qu’on est en deçà, ça peut toujours s’arranger. Se protéger contre l’avalanche est coûteux et complexe, et ne reste qu’une garantie partielle. Ne pas se protéger, si l’avalanche se déclenche, est quasi-mortel. Chacun doit décider…
Dans les grands bouleversements, il y a très peu de diversifications qui tiennent. Si l’Iran bombarde l’Île Longue, SCPI ou obligations, ce sera du pareil au même. Si la faillite de l’Ukraine se concrétise, idem. La diversification, ça consiste à avoir des trucs qui vont garder ou accroître leur valeur en cas d’avalanche, pas des trucs qui seront moins affectés. Des entrepôts ou logements en location à Lomé ou à Douala, des oeuvres d’art, des métaux précieux, une maison avec une source et un potager facile à défendre, etc.
Bonjour,
Un grand merci pour toutes ces explications !
Disons qu’avec la baisse des cours, on pourrait être tenté de vendre (exemple : FR0011799931). Sur ce fonds, l’investisseur n’a pas la main sur le panier d’obligations et le gestionnaire ne conservera peut-être pas les obligations jusqu’à leur terme. Le cours du fonds enregistre bien une baisse car il contient des obligations de courte durée qui rapportent moins que les nouvelles obligations récemment émises. Je pense que c’est différent que d’investir dans des obligations en direct où là effectivement sauf faillite il y a peu de risque si celles-ci sont conservées jusqu’à échéance.
J’ai l’impression que les fonds obligataires réagissent toujours différemment des obligations en direct. Quand les taux d’intérêt augmentent, les fonds obligataires baissent.
Dans un contexte comme celui-ci est-ce que les obligations de court terme restent moins volatiles que celles de plus long terme ?
Les fonds obligataires réagissent différemment parce qu’ils panachent les échéances, les monnaies, les obligations privées et publiques, etc. Mais quand les taux montent ou descendent, il est trop tard pour réagir, les cours des obligations s’ajustent instantanément. C’est comme pour une matière première, quelle que soit la forme sous laquelle vous détenez le pétrole, il n’y a pas de délai ni de moyen de moyenner. Pour l’obligation, c’est pareil. Quand les taux d’intérêt augmentent, les obligations baissent. Vous pouvez ne pas vous en apercevoir si vous avez l’intention de conserver votre obligation jusqu’à l’échéance, mais si vous voulez la revendre sur le marché secondaire, elle aura baissé.
Alors comment réagir lorsque l’on investit dans les fonds obligataires selon le contexte ?
La volatilité ne dépend pas de l’échéance de l’obligation ?
Pour comparer des obligations, on utilise les flux actualisés de leurs coupons, flux qu’on résume par la “duration”. La duration est en quelque sorte le temps que met l’obligation à rembourser, au taux actuel, son prix d’achat. Une obligation à faible duration, qui se rembourse vite, sera évidemment moins sensible aux variations futures de taux, donc moins volatile.
Je comprends, merci 
Ça pose à moins la question de savoir si c’est une bonne idée d’investir sur des fonds obligataires et de savoir comment réagir selon la situation.