Bonjour @Mayalilly,
Effectivement, si vous étiez mariés sous le régime de la communauté universelle, cela peut avoir un impact sur la succession, mais vous avez toujours le droit de refuser. J’aurais bien aimé avoir cette information plus tôt
Entre le régime légal (communauté réduite aux acquets) et la communauté universelle, ce n’est pas tout à fait la même histoire.
Alors oui, en principe vous pouvez renoncer à la succession dans les deux cas, parce que ce droit appartient à tout héritier. Mais le régime matrimonial change fortement ce qui entre réellement dans la succession. Et la renonciation est globale : vous ne pouvez pas accepter une partie de la succession et en refuser une autre. Si votre crainte porte surtout sur les dettes, il existe aussi l’acceptation à concurrence de l’actif net, qui protège vos biens personnels.
En communauté réduite aux acquêts, on liquide d’abord la communauté, puis on ouvre la succession. La succession comprend alors les biens propres du défunt + la moitié des biens communs. Donc, si vous renoncez, vous renoncez à cette succession-là, pas à votre propre part : vous conservez vos biens propres et votre moitié des biens communs.
En communauté universelle sans clause d’attribution intégrale, tous les biens sont en principe communs. À la dissolution du mariage par décès, le patrimoine est partagé par moitié entre le conjoint survivant et les héritiers du défunt. Là encore, vous pouvez renoncer à la succession, mais vous ne renoncez pas à ce qui vous revient déjà au titre du régime matrimonial.
En communauté universelle avec clause d’attribution intégrale, c’est très différent : au premier décès, le conjoint survivant devient seul propriétaire de toute la communauté, et il n’y a en principe pas de déclaration de succession pour ces biens communs. Dans cette configuration, il peut donc y avoir très peu, voire rien à renoncer au titre de la succession du premier défunt, sauf s’il existe des biens exclus de la communauté ou des dispositions particulières.
Les démarches de renonciation se font par déclaration avec formulaire, à adresser ou déposer au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt ou chez un notaire. Vous ne pouvez pas être forcé à choisir pendant les 4 premiers mois après le décès ; ensuite, certaines personnes peuvent vous mettre en demeure de choisir. Et si personne ne le fait, vous avez en principe jusqu’à 10 ans pour vous prononcer.
Le point pratique à retenir est donc celui-ci : oui, vous pouvez refuser la succession dans les deux régimes, mais vous ne pouvez refuser que ce qui relève de la succession. Vous ne faites pas disparaître, par cette renonciation, ce qui vous appartient déjà au titre du régime matrimonial. En communauté universelle avec attribution intégrale, c’est même souvent le cœur du sujet.