Bonjour @ABGM,
Merci pour ces précisions. Là, votre logique patrimoniale est beaucoup plus claire : vous n’avez pas réellement besoin de ce capital pour financer votre train de vie ou des projets identifiés ; l’objectif est essentiellement la transmission.
Dans ce cas, je raisonnerais effectivement davantage en termes de transmission + diversification des assureurs + allocation à long terme qu’en termes d’épargne de précaution.
Votre idée d’avoir plusieurs assurances-vie peut donc se défendre, notamment pour diversifier les assureurs et éventuellement séparer les objectifs. En revanche, je ne suis pas certain qu’il soit indispensable d’avoir un contrat entièrement « conjoint » et un autre entièrement « enfants » : la clause bénéficiaire permet déjà de répartir librement le capital entre plusieurs bénéficiaires. Plusieurs contrats peuvent néanmoins rendre la stratégie plus lisible et permettre d’avoir des allocations différentes.
Petit point à garder en tête concernant le conjoint : le conjoint marié ou pacsé est déjà exonéré de droits de succession (attention au testament pour le PACS). Sous réserve que vous soyez sous le régime de la communauté ?
L’assurance-vie conserve malgré tout un intérêt, notamment pour la souplesse de la clause bénéficiaire et la disponibilité du capital, mais l’enjeu fiscal de transmission est surtout plus important vis-à-vis des enfants.
Sur votre remarque contrat individuel vs contrat collectif, oui, c’est un vrai critère et il est assez peu évoqué dans les comparatifs.
Dans un contrat individuel, vous signez directement avec l’assureur et les conditions du contrat ne peuvent en principe être modifiées sans votre accord, matérialisé par un avenant.
Dans un contrat collectif, vous adhérez à un contrat souscrit par une association ou un autre organisme auprès de l’assureur. Certaines caractéristiques peuvent donc évoluer sans que chaque adhérent signe individuellement un avenant ; les adhérents doivent néanmoins être informés des modifications de leurs droits et obligations au moins trois mois avant leur entrée en vigueur. Pour les modifications essentielles d’un contrat associatif, des règles spécifiques de gouvernance s’appliquent également.
Sur un placement destiné à rester ouvert potentiellement 20 ou 30 ans, je trouve donc effectivement intéressant de privilégier, à caractéristiques équivalentes, un contrat individuel. Mais je ne placerais pas ce critère devant les frais, la qualité de l’assureur, les supports disponibles ou la qualité du fonds euros. Un bon contrat collectif ne devient pas mauvais uniquement parce qu’il est collectif. 
Concernant votre répartition fonds euros / ETF, puisque l’objectif est désormais essentiellement la transmission, l’horizon de placement peut être beaucoup plus long que votre propre horizon de dépenses. Cela peut justifier une part significative d’unités de compte si vous acceptez leur volatilité. Garder du fonds euros me paraît néanmoins parfaitement cohérent pour stabiliser l’ensemble et conserver une poche immédiatement mobilisable en cas de changement de programme/imprévu.
Enfin, petite précision sur les versements après 70 ans : ouvrir une nouvelle assurance-vie après 70 ans ne crée pas un nouvel abattement de 30 500 €. Cet abattement est global pour l’ensemble des primes versées après 70 ans sur tous les contrats d’un même assuré. En revanche, seuls les versements concernés entrent dans cette assiette : les gains produits par ces versements bénéficient toujours d’un traitement favorable à la transmission. Une assurance-vie peut donc rester intéressante après 70 ans ; il ne faut pas automatiquement lui préférer un CTO.
Pour ce qui est d’attendre un hypothétique Linxea Spirit 3 ou Lucya Cardif 2, pourquoi pas quelques mois puisque vous n’êtes pas pressés. Mais je ne retarderais pas de plusieurs années une stratégie uniquement dans l’espoir qu’un contrat sorte avec 0,10 % de frais en moins : sur votre situation, la clause bénéficiaire, la répartition du patrimoine et les donations de votre vivant auront probablement beaucoup plus d’impact que quelques points de base de frais de gestion.
Et vous avez raison de garder la stratégie ouverte : en matière de transmission, la situation familiale, la fiscalité et les besoins des enfants peuvent beaucoup évoluer en dix ou vingt ans. 