Bonjour @frederic_poliakov et @Shannon,
Je me permets d’apporter quelques précisions techniques, car il y a deux ou trois notions importantes derrière ce cas.
1. Il n’est pas nécessaire de continuer à verser sur l’ancien contrat pour conserver son antériorité fiscale.
Si vous arrêtez simplement les versements mais laissez le contrat ouvert, sa date d’ouverture de 2003 est conservée. Vous pouvez donc tout à fait ouvrir aujourd’hui une nouvelle assurance-vie moins chère et conserver l’ancienne à côté.
2. Pour moderniser l’ancien contrat en conservant son ancienneté, on parle de transfert interne, ou plus exactement de “transformation” du contrat.
Depuis la loi Pacte, un contrat d’assurance-vie peut être transféré vers un autre contrat assuré par le même assureur, tout en conservant son antériorité fiscale. Attention : c’est bien l’assureur qui compte, et pas nécessairement la banque ou le courtier qui commercialise le contrat. Le transfert vers un contrat assuré par une autre compagnie fait, lui, perdre l’antériorité puisqu’il faut ouvrir un nouveau contrat.
Cela vaut donc la peine de regarder sur votre relevé annuel qui est juridiquement l’assureur du contrat, puis de lui demander quelles transformations sont possibles vers ses contrats plus récents.
3. Les 4 600 € ne sont ni des frais, ni 4 600 € que l’on peut retirer chaque année sans fiscalité.
Il s’agit d’un abattement annuel sur les gains compris dans les rachats d’un contrat de plus de 8 ans : 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé imposé en commun. Et cet abattement s’apprécie sur l’ensemble de vos contrats d’assurance-vie, pas contrat par contrat.
Exemple simplifié : si vous retirez 20 000 € et que ce rachat contient fiscalement 3 000 € de gains, ce sont ces 3 000 € qui viennent consommer votre abattement annuel, pas les 20 000 € retirés.
4. On ne peut pas non plus, fiscalement, “retirer uniquement les mauvaises UC”.
Vous pouvez éventuellement arbitrer certaines UC avant de demander un rachat, mais pour calculer la fiscalité d’un rachat partiel, l’administration considère le contrat dans son ensemble : chaque rachat comprend une fraction de capital versé et une fraction de gains calculée proportionnellement à la valeur totale du contrat.
C’est donc plutôt à l’assureur qu’il faut demander quelle serait la part de gains comprise dans un rachat de X euros, ce qui permet ensuite de calibrer les rachats par rapport à l’abattement de 4 600 / 9 200 €.
5. Pour un contrat de 2003, il faut aussi regarder la date des différents versements.
Le contrat a certes plus de 8 ans, mais la fiscalité des gains n’est pas exactement la même selon que les primes ont été versées avant ou après le 27 septembre 2017. L’assureur doit pouvoir fournir le détail de la valeur du contrat et des compartiments fiscaux.
Enfin, concernant la succession, ce n’est pas vraiment le fait d’avoir “un contrat ouvert avant 70 ans” qui compte : ce sont surtout les primes versées avant ou après 70 ans. Pour les primes versées avant 70 ans, on retrouve notamment l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire ; après 70 ans, le régime change avec notamment un abattement global de 30 500 € sur les primes concernées.
Donc dans votre situation, je regarderais les choses dans cet ordre : ouvrir dès maintenant un bon contrat moderne pour faire démarrer son ancienneté, arrêter les nouveaux versements sur le vieux contrat s’ils sont chargés en frais, demander si un transfert/une transformation interne est possible, puis seulement décider s’il est pertinent d’effectuer progressivement des rachats sur l’ancien contrat.
Et je ne baserais pas spécialement le rythme de réinvestissement sur le fait que “les marchés sont au plus haut”. Lisser les investissements peut être pertinent si cela vous rassure ou réduit le risque de mauvais timing à court terme, mais avec encore douze ans avant la retraite, c’est surtout votre allocation cible et votre niveau de risque qui doivent guider la décision.