Je voulais savoir pourquoi l’assurance vie est souvent la cible des « finfluenceurs » , je pense notament à Mathias Baccino qui en fait très souvent sa tête de turc à chaque interview.
Certes les AV des banques traditionnelles possèdent un mille-feuille de frais qui nuisent aux performances , mais avec l’avènement de la “nouvelle generation” totalement digitalisée et avec des frais aux planchers , cette critique me semble désormais fallacieuse.
Pourquoi à chaque fois opposer cette enveloppe au PEA ou CTO ?
A mon avis, l’assurance-vie est dans un flou artistique, entre le principe qui voudrait qu’elle soit une assurance pour que le souscripteur dispose de ressources au cas où il vivrait, et la pratique qui en fait un instrument défiscalisé, au moins en partie, en vue de la transmission.
Du coup, l’AV, même digitalisée, reste un mille-feuille réglementaire et fiscal relativement contraint par rapport à un PEA par exemple. Ce sont souvent des contraintes qu’on découvre trop tard. Ah flûte, il fallait verser avant son 70e anniversaire… Ou les retraits ne sont pas simples…
Globalement, il faut s’assurer avant de souscrire qu’on rentre bien avec ses objectifs dans les cases “assurance-vie”, c’est-à-dire généralement la transmission. Si c’est en tant que placement personnel, le PEA est à priori plus intéressant fiscalement et de gestion plus souple. Par rapport au CTO, je ne sais pas, il me semble que seule la gestion plus souple subsiste, et le fait qu’on ne soit pas coincé à la merci d’une évolution réglementaire.
La volatilité n’est un problème que quand on a un horizon d’investissement plutôt court, et dans ce cas l’assurance-vie n’est pas si adaptée que ça non plus. Mais sur 10 ans, il n’y a pas d’exemple dans l’histoire de crise où le krach n’ait pas été effacé.
Perso, je ne vois pas (ou plus) la volatilité comme un problème, mais comme une chance. En DCA, ça permet d’améliorer la performance en achetant dans les creux nettement plus de titres que dans les bosses. Mais surtout, pour constituer un bon portefeuille de long terme, il faut ratisser le plus large possible pour avoir des pépites qui feront multiplié par 2, 5 ou 10. Une pépite qui fait fois 10 permet d’avoir 5 valeurs qui font divisé par 2 à côté sans problème. Pas de volatilité = faible rentabilité, et volatilité n’est pas risque durable.
Ceci dit, il est extrêmement important d’être satisfait de son investissement et qu’il ne vous empêche pas de dormir. Plus que de faire des performances mirifiques…
Je pense que la réponse est là. Pour la majorité des épargnants qui n’ont aucune connaissance en finance et font confiance à leur banque ou leur CGP, c’est facile de leur vendre des contrats blindés de frais. Ils ne savent pas forcément que des assurances-vie en ligne sans frais existent. Ou ne leur font pas confiance (on parle d’argent sur l’Internet quand même !).
Sans oublier que “Mr Trade Republic” prêche forcément un peu pour sa paroisse…
Aujourd’hui, je pense que l’assurance-vie peut quasiment rivaliser avec un PEA pour investir sur des ETF ou actions. Car oui, l’assurance vie est généralement un peu plus chère qu’un bon PEA. Mais elle permet beaucoup plus de choses : actions, obligations, ETF, SCPI, fonds euro, etc… C’est vraiment le couteau suisse de l’épargne en France. Et la hausse des PS sur le PEA redistribue un peu les cartes.
Pour creuser le sujet, Hugo détaille les avantages et inconvénients des deux enveloppes dans cet article : PEA ou assurance vie ?
Mais plutôt qu’opposer ces deux enveloppes, il faut surtout comprendre qu’elles sont complémentaires. Après, chaque personne verra laquelle correspond le plus à ses besoins. Certaines personnes ne veulent pas entendre parler des investissements en Bourse et n’utiliseront jamais un PEA à cause de cela.
A titre personnel, j’utilise mon PEA (Bourse Direct) pour piloter mon cœur de portefeuille actions avec des frais minimes, tout en exploitant mon Assurance-Vie (Lucya Cardif) pour la flexibilité qu’elle offre. Cette dernière me permet d’accéder à des supports diversifiés et de sécuriser une partie de mon capital, ce que le PEA ne permet pas. Je suis convaincu que la synergie entre ces deux enveloppes fait la force d’une stratégie patrimoniale long terme.
Je m’interroge encore sur la raison pour laquelle certains finfluanceurs ont une telle aversion poir l’Assurance-Vie.
Vius soulevez un excellent point. La fiscalité des rachats en assurance-vie est effectivement un csse-tête quand on compare avec la simplicité du PEA après 5 ans
C’est d’ailleurs pour cela que dans ma propre stratégie je sépare bien les rôles .
Mon PEA est mon outil de prédilection pour la disponibilité simple et rapide des liquidités avec sa fiscalité lisible.
L ‘AV me sert d’outil de diversification (supports que je n’ai pas sur PEA) .
Au risque de me repeter je vois l’AV et le PEA comme deux moteurs complémentaires plutôt que concurrents.
Bonjour j’ai pris une AV et un PER pour investir en fonds euros ce qui ne peut se faire sur le PEA sauf erreur. Il y aussi d’autres supports types SCPI sur AV pas dispos sur PEA, etc comme le disaient d’autres intervenants.
Par contre effectivement je ne verserai probablement pas plus sur l AV que ce que j’ai déjà car j’avais pas fait attention que les retraits annuels sont assez limités pour bénéficier d’une exonération fiscale sur l IR, ça doit être progressif petit à petit on peut pas retirer une grosse somme d’un coup ou alors c’est taxation maximale contrairement au PEA.
J’ai vu que Nicolas Chéron parlait de deux types d’assurance-vie : celle qui est classique dont les fonds peuvent si la France va vraiment mal être temporairement gelés par le pouvoir législatif si je ne me trompe pas et celle qui concerne les personnes patrimoniaux (plus de 100k€ de liquidité) qui peuvent souscrire à une assurance-vie luxembourgeoise non soumis à la loi Sapin II et avec une priorité des investisseurs par rapport à l’Etat du Luxembourg.
Les assurances vies ont un avantage s’apparentant au livret A concernant les fonds euros même s’il y a des différence. C’est une enveloppe capitalisante qui peut intéresser certains pour cela en investissant aussi sur des actions US sans être officiellement détenteur des actions.
Par contre je me pose la question du levier SCPI sur AV , possible ou pas.
Effectivement, PEA = actions européennes uniquement. Même s’il est possible de contourner cette restriction avec les ETF, dans une certaines mesure.
Pour l’épargnant moyen, la règle n’est pas si compliquée :
Contrat de moins de 8 ans : Flat Tax ou TMI.
Contrat de + de 8 ans : 4600€ de plus values par an exemptés d’IR. C’est uniquement la part de PV qui est concernée, par le montant du rachat. Ou toujours le choix de la TMI si vous n’êtes pas imposable.
Donc si vous faites un retrait de 10 000€ avec une plus-value de 2000€, pas d’IR pour un contrat de plus de 8 ans. Un retrait de 50 000€ avec 5 000€ de PV, vous paierez l’IR uniquement sur 400€. Bien sûr, il y a d’autres règles pour les contrats de plus de 150k€, etc… Mais cela concerne peu de monde au final.
Les assureurs ont l’obligation de vous fournir des simulations de rachat si vous en faites la demande. Et s’occupe de calculer toute la fiscalité pour vous. Le faire à la main est un enfer si vous avez plusieurs versements. Donc il faut aussi avoir confiance en l’assureur.
Toutefois, je pense que l’activation de la Loi Sapin II reste très peu probable. Et comme je le rappelle dans l’article, si vous avez des fonds euro sur votre contrat Luxembourgeois, ils seront gelés également… Car les fonds euro sont une exclusivité française.
P.S.: Il est normalement interdit de faire un crédit conso non affecté pour investir en assurance-vie si vous vous posiez la question. Et vu les taux d’emprunts actuels, ce n’est plus vraiment intéressant.
Prenons un exemple, tu places 10.000 euros sur 15 ans avec un rendement de 6% annuel.
Sur un CTO, aucun frais chez un bon courtier pour un versement unique sur un etf capitalisant (et donc pas d’impact fiscal pendant 15 ans).
Après 15 ans la plus-value brute est de 13.966 euros, nette de 9.580 euros (pfu 31,4%)
Sur un contrat d’assurance-vie :
avec 0,5% de frais annuels (les meilleurs contrats), plus value brute de 12229 euros, nette de 10126 euros (à sortir en 2 ans pour éviter le PFL de 7,5%)
avec 0,6% de frais de gestion annuels, plus value nette 9851 euros,
avec 0,7% de frais plus value nette, 9579 euros.
Donc dès 0,7% de frais de gestion annuels, le contrat d’assurance-vie devient moins rentable que le CTO malgré l’avantage fiscal (dans les conditions de l’exemple). L’assurance-vie reste intéressante suivant le cas pour la clause bénéficiaire (mais le CTO est bien meilleur pour une donation à des enfants). L’assurance-vie offre un diversification complémentaire avec le fonds euros et les scpi…
Et grâce au jeu de la concurrence, cela risque de s’aligner progressivement. D’autant plus que je prévois une très bonne année 2026 pour l’assurance-vie : pas impactée par la hausse de la CSG, rendements des fonds euros plutôt stables et rémunérations des livrets A/LDDS qui vont sûrement baisser dès jeudi (1,40% a priori). Si ça se confirme, les fonds euro vont pulvériser les rendements du livret A, même après fiscalité.
Oui et le fonds euros de Corum (pour Louve Infinity) a été particulièrement attractif en 2025. Dommage qu’il soit limité à 10% du total sur Louve Infinity…
C’est un peu ce qu’on veut nous faire croire. Mais dans 20, 30, 40 ans, quand on sera à la retraite et qu’on voudra ressortir son argent pour se payer, par exemple, une résidence senior, ou pour aider ses petits-enfants à démarrer dans la vie, avec l’inflation et si le placement a fructifié comme on peut le souhaiter, on sera concerné. Mon AV et mon PEA ont 30 ans, l’une comme l’autre dépassent allégrement les seuils, et le PEA consiste à 80% en plus-values (moins pour l’av qui a été fortement alimentée plus récemment).
Les seuils sont rarement mis à jour, et la fiscalité n’est en rien garantie pour les années à venir.
Enfin, bien sûr, on peut aussi avoir une révolution dans l’autre sens, je l’espère toujours
J’en profite pour rebondir concernant les plus-values qu’on a après mettons 30 ans de capitalisation et qui sont susceptibles d’être conséquent. Un changement de fiscalité notamment une augmentation peut avoir des répercussions sur les investissements antérieurs à la date de changement de loi car cela sera sur la PV depuis l’investissement à la revente. Si on vend pas et que si jamais la fiscalité baisse (je n’y crois pas) tant mieux.
Je pensais dans une premier temps que seul les fonds euros était épargné par l’augmentation de la CSG. Effectivement se pose de plus en plus la question privilégier l’AV. Je pense qu’ils ont épargné l’AV car cela ferait une trop grande colère (population plus grande et plus sensible aux questions du pouvoir d’achat que ceux qui ont un PEA ou plus encore un CTO).