Obligations d'Etat

Le bon moment pour sortir, c’est celui que vous avez planifié au départ. Vous avez choisi un fonds obligataire d’une durée de référence égale au délai jusqu’à votre sortie prévue, par exemple 7-10 ans, donc avec le meilleur rendement correspondant à cette durée.

La seule justification pour sortir avant, ce serait que vous avez trouvé un autre placement qui devrait vous procurer à l‘échéance et avec le montant que vous récupérez, plus que ce qui était prévu avec ce placement obligataire.

Par exemple, vous pourriez retirer vos fonds du 7-10 ans au bout de 3 ans pour acheter du 4-5 ans. Dans la pratique, il faudrait je crois (et je n’en suis même pas sûr) l’apparition d’une situation rare d’inversion de la courbe des taux pour que ça se révèle intéressant, le roulage maintient sinon les rendements sur les durées plus courtes à la valeur du marché.

Si on reprend l’exemple du fonds que j’avais pris qui regroupe des obligations de maturité 7-10 ans.

J’investis 100 euros en 2026. Au moment où j’investis en 2026 le fonds sera composé de différentes obligations. Certaines avec une maturation de 7, d’autres de 8 ou encore de 10 ans. En 2033 (2026+7 ans), si je souhaite récupérer mes 100 euros (plus mon rendement), pour certaines obligations (celles avec une maturité de 7 ans), je serai bien arrivé à échéance et récupérerai bien mon capital initial. Mais pour d’autres (celles de 10 ans par exemple), je sortirai avant l’échéance donc, comme vous dites, à valeur correspond à l’instant T sur le marché.

Vous allez alors me dire qu’il faudrait attendre 10 ans donc en 2036. Mais entre temps, certaines obligations (celles de 7 ans) seront arrivées à échéances en 2033 comme on l’a vu juste au-dessus d’autres nouvelles auront été achetées. Sortir donc en 2033 permettra de sortir à échéance des obligations de 10 ans mais pas de 7 ans. Vous voyez ce que je veux dire ? En fait, je ne vois aucun moment possible de sortir à échéance sur un fonds non daté car le gestionnaire rachète sans cesse des obligations.

Quelle est la différence faites-vous entre buy and hold et rolling dans la stratégie du gestionnaire ?

Ne cherchez pas à prendre la place du gestionnaire. Quand vous choisissez un fonds taux souverains 7-10 ans comme celui de l’exemple, ça veut probablement dire que vous voulez obtenir un rendement semblable à celui des obligations d’état émises aujourd’hui avec une échéance à 7-10 ans, sur une durée de l’ordre de 7-10 ans. Il s’agit en général d’une optimisation de portefeuille que vous souhaitez faire, et où vous avez besoin d’un support qui vous procure le taux sans risque en question. La manière dont le gestionnaire va ensuite s’arranger pour y parvenir ne vous concerne pas. Il peut acheter ou vendre des swaps de taux, détenir des obligations de caractéristiques variées, etc. Au final, sa seule obligation est de répliquer l’indice Bloomberg Euro Treasury 50bn 7-10 Year Bond Index le plus fidèlement possible, et si vous l’achetez c’est cette caractéristique que vous cherchez, parce que c’est ainsi que votre portefeuille sera bien, avec ce fonds et le reste, proche de sa frontière efficiente, donc avec le meilleur ratio rendement /risque possible.

Ensuite, le fait que fonds suive l’indice Bloomberg machin induit automatiquement et techniquement des conséquences sur sa valorisation. En fait, quand vous achetez un produit de taux, vous achetez une valeur à l’échéance. La manière dont les courbes de taux se présentent, taux longs supérieurs aux taux courts, fait que dans le roulage la valeur à l’échéance que vous avez achetée sera globalement préservée ultérieurement, quand bien même le fonds se vendra alors pour des échéances plus lointaines. En revanche, si vous voulez sortir plus tôt que votre échéance, vous n’êtes sûr de rien. Vous avez des chances d’avoir ce qui serait dans un contrat une pénalité pour résiliation anticipée : il fallait choisir au départ votre échéance et ne pas changer d’avis.

Je n’ai toujours pas compris quel était votre objectif.

Mon objectif est simple : investir sur un fonds obligataire au moment le plus opportun (ça j’ai compris et un grand merci à vous pour vos explications !) et sortir au moment le plus opportun pour pouvoir récupérer mon investissement. Je ne cherche pas à faire de grande plus value, je cherche juste à ne pas perdre ce que j’ai investi.

Là où je ne comprends pas votre propos c’est que vous indiquez que, pour récupérer son capital, il faut respecter l’échéance du fonds. Mais un fonds obligataire non daté n’a précisément pas d’échéance puisqu’il achète et vend en permanence de nouvelles obligations. Je ne vois donc aucun moment propice pour sortir. Encore une fois, je reste sur des exemples très concrets. J’ai investi sur ce fonds ( Ofi Invest ESG Euro Cdt Bond 1-3 R - EUR - FR0011799931 - Cours OPCVM - Boursorama ) il y a 3 ans. Si je sors aujourd’hui, je perds une partie de mon investissement de départ alors même que j’ai respecté l’échéance de 3 ans !

@Hugo , @Antoine pour réussir à nous aider :smiley: ?

Je vais essayer de résumer votre propos :

J’investis 100 euros en 2026 sur un fonds non daté avec des obligations à échéance 7 ans : si je souhaite sortir en 2033, je récupérerai le capital investi a minima même si le gestionnaire a vendu ou acheté de nouvelles obligations au sein du fonds, même si les taux se sont envolés depuis ?

Un exemple encore plus concret. J’ai investi 2392 euros sur ce fonds le 1er août 2023 : Ofi Invest ESG Euro Cdt Bond 1-3 R - EUR - FR0011799931 - Cours OPCVM - Boursorama . Le DICI indique que l’objectif est de dépasser l’indice ICE BofA 1-3 Year Euro Corporate sur la période recommandée qui est de 3 ans. Bon il n’est pas indiqué de combien l’indice augmentera sur la période.

Au 1er août 2023 : valeur de la part 97,04 et nombre de parts détenues 24,65.

Au 1er avril 2026 : valeur de la part 105,91 et nombre de parts détenues 24,1199.

Il y a bien eu une hausse de la valeur de part sur les presque 3 ans MAIS par rapport à février 2026, la valeur est descendue à cause de la remontée des taux. C’est peut-être là où il faut savoir se contenter de l’objectif initial qui est rempli car entre avril 23 et avril 26 la valeur est bien en hausse. Cependant, la hausse des taux affecte un peu la plus value.

Vous voulez donc dire qu’en sortant au 1er août 2026, j’aurai la garantie de récupérer mon capital même en cas de remontée brutale des taux ?

Vous avez investi sur un fonds Ofi Invest ESG Euro Cdt Bond 1-3 R - EUR - FR0011799931 - Cours OPCVM - Boursorama qui n’est pas un produit de taux pur, mais dont l’objectif est de répliquer de l’investissement socialement responsable. Il accepte même de prendre 10% notés BB- ou moins. Vous n’avez donc aucune garantie sur la valeur future, et à mon humble avis, vous avez toutes les chances que les défaillances mangent plus que les éventuels coupons.

J’avoue ne plus comprendre où vous voulez en venir…Qu’il s’agisse de ce fonds ou du fonds évoqué en exemple plus tôt, ce sont bien deux fonds obligataires. Seule la maturité cible des obligations change

Lisez attentivement les prospectus. Le Ofi invest ESG est un investissement dans des obligations corporate risquées. Si vous voulez des règles qui s’appliquent aux fonds obligataires indexés sur les taux sans risque et aussi aux fonds obligataires risqués, personne n’en a. La bourse, c’est la gestion du compromis risque/rendement, les deux augmentent de pair, il y a des méthodes pour optimiser, mais aucune pour échapper à la règle implacable qu’on ne peut pas changer les conditions du placement au taux sans risque, que ce soit pour satisfaire une envie de rendement supérieur ou pour une satisfaction de conviction (ESG), sans augmenter le risque.

Pourtant le niveau de risque est estimé à 2/7 sur ce fonds.. dans le DICI il est indiqué que 70 à 100% est investi en titres de créance ou instruments monétaires. Et compte tenu des performances passées de ce fonds, nous ne sommes pas sur du « haut rendement » et cela me convenait bien compte tenu du niveau de risque limité.

Encore une fois je cherche à privilégier la sécurité à la performance tout en diversifiant un peu

Alors je reprends votre message dans ce fil et j’y réponds ici :

Il y a d’abord une précision importante à poser, parce qu’elle change beaucoup la lecture du risque : Ofi Invest FR0011799931 n’est pas un fonds d’obligations d’État. C’est un fonds de crédit corporate euro court terme : il vise l’€STR sur un horizon recommandé de 18 mois, investit surtout en obligations d’entreprises investment grade en euro, avec des maturités ne dépassant pas 3 ans, et peut aller jusqu’à 10 % de high yield. À l’inverse, Amundi Euro Government Bond 7-10Y UCITS ETF Acc LU1287023185 est bien un ETF d’obligations d’État de la zone euro 7-10 ans, à réplication physique.

1. Quand investir sur un fonds obligataire ?
Le bon réflexe n’est pas de lire le graphique “comme une action”. Sur l’obligataire, une baisse du prix vient souvent d’une remontée des taux ; or cette remontée rend ensuite les nouvelles obligations plus rémunératrices. Je vous rappelle que quand les taux montent, le prix des anciennes obligations baisse, et quand les taux baissent, leur prix monte. Donc le “meilleur point” ex post est souvent juste avant la baisse des taux, mais ex ante le plus sain est généralement d’entrer quand les rendements offerts sont déjà redevenus corrects et que vous avez un horizon de détention cohérent avec la duration du fonds.

Autrement dit : la baisse future des taux est un bonus de valorisation, pas le cœur de la thèse. Le cœur de la thèse, c’est le rendement de départ du portefeuille. Aujourd’hui, la BCE a ramené sa facilité de dépôt à 2,00 % en juin 2025 puis l’a laissée inchangée en mars 2026 ; j’en déduis qu’on n’est plus dans le même contexte “ultra favorable aux fonds longs” qu’au moment où les taux baissaient en continu. Il peut encore y avoir un rally obligataire, mais il est moins mécanique qu’au début du cycle de détente.

2. Quand sortir d’un fonds obligataire non daté ?
Sur ce point, votre intuition est la bonne : dire qu’un fonds obligataire non daté n’a pas de risque en capital est faux. L’AMF explique déjà qu’on peut perdre de l’argent si on revend une obligation avant échéance après une remontée des taux. Et le DIC d’Ofi dit explicitement que le produit ne prévoit pas de protection contre les aléas de marché et que vous pouvez perdre tout ou partie de l’investissement. La différence fondamentale avec une obligation détenue en direct jusqu’à maturité, c’est qu’un fonds non daté n’a pas de mécanisme de remboursement au pair à une date donnée : le portefeuille se renouvelle en permanence.

En pratique, on sort surtout d’un fonds obligataire non daté dans trois cas : votre horizon raccourcit, le risque porté n’est plus rémunéré correctement, ou le fonds ne correspond plus à son rôle dans le portefeuille.

Mais “sortir parce que ça a remonté” n’est pas une règle suffisante : il faut regarder ce qu’il reste comme rendement embarqué et quelle sensibilité vous gardez.

3. Vos deux fonds : ce qu’ils font vraiment
Pour FR0011799931, le point clé est qu’il s’agit d’un fonds court terme corporate, pas monétaire. Son DIC le classe 2/7, sa durée recommandée est de 18 mois, et la gestion pilote la sensibilité de taux dans une fourchette de 0 à 2. Au 27/02/2026, la société de gestion indiquait une maturité moyenne de 2,28 ans, une sensibilité taux de 2,01, une sensibilité crédit de 2,25 et un rendement à maturité de 3,09 %. Donc oui, il renouvelle plus vite son portefeuille et capte plus rapidement les niveaux de taux actuels qu’un fonds long, mais il reste exposé au risque de spread de crédit, en plus du risque de taux.

Pour LU1287023185, on est sur un ETF souverain 7-10 ans beaucoup plus directionnel. Amundi indique une duration modifiée de 7,28, un yield to maturity de 2,87 %, une note moyenne A, 64 lignes, et un profil de risque 4/7. La fiche rappelle même qu’une duration de 7,28 estime la variation du prix pour 1 % de variation des rendements : très grossièrement, une remontée d’1 point des taux longs peut coûter autour de 7 % sur la valeur du portefeuille avant coupons. C’est donc un support de pari sur les taux longs, pas une poche de trésorerie améliorée.

4. Votre intuition sur le fonds 1 est-elle bonne ?
Globalement oui. Plus la maturité est courte, plus le stock d’obligations est renouvelé vite, donc plus le fonds “recharge” rapidement son rendement courant avec des titres émis aux nouveaux taux. C’est exactement ce qu’on voit dans le profil du fonds Ofi : maturité moyenne autour de 2,3 ans et sensibilité de taux autour de 2. En revanche, je nuancerais la phrase “se rapproche d’un fonds monétaire” : il s’en rapproche par son comportement plus stable qu’un fonds long, mais ce n’est pas un monétaire, parce qu’il garde du crédit corporate et donc un risque de spread que le monétaire pur porte beaucoup moins.

5. Dans le contexte actuel, comment je lirais vos deux lignes
Je ne peux pas vous dire quoi faire à titre personnel, mais en lecture purement technique : si votre horizon est court ou que vous cherchez une poche défensive, le premier fonds me paraît plus cohérent que le second, parce que son risque de taux est bien plus faible et son rendement embarqué est légèrement supérieur à celui de l’ETF souverain long.

Si votre horizon est court, le 7-10 ans est clairement le plus fragile des deux. En revanche, si votre objectif est d’exprimer une conviction de baisse des taux longs ou de ralentissement économique, alors c’est justement le type de support qui réagit le plus fort. Avec une BCE à 2,00 % et en pause en mars 2026, je vois davantage ce fonds comme une position de duration assumée que comme un simple fonds obligataire “tranquille”.

Ma grille de lecture simple serait donc celle-ci : besoin de stabilité et horizon 18-36 mois → le fonds Ofi est plus logique ; conviction sur une détente des taux longs et tolérance à la volatilité → l’ETF 7-10 ans peut se défendre ; besoin d’argent à court terme → ni l’un ni l’autre n’est l’équivalent d’un capital garanti, et le long souverain est le moins adapté.

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Je vais analyser point par point votre réponse pour bien comprendre mais déjà un grand merci pour le temps passé à me répondre !

Ce que je ne comprenais pas c’était l’explication que, sur le fonds 2, il suffisait d’attendre 7 ans (la durée de maturité des obligations composant le fonds) pour récupérer son investissement sans risque. Étant donné qu’il s’agit d’un fonds non daté, le gestionnaire achète et revend sans cesses des obligations donc je ne voyais pas comment il était garanti de récupérer son capital au bout de 7 ans

À vrai dire, ce qui me ferait sortir du fonds 1 aujourd’hui c’est « simplement » le contexte actuel de remontée progressive des taux et voir mon fonds perdre de la valeur, pas pour un besoin de récupérer dans l’immédiat l’investissement pour le réinvestir ailleurs (si ce n’est sur le fonds euro). Mais peut-être n’est-ce pas une « bonne » raison ?

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Je pense qu’il y a une précision importante à faire sur le fonds 2 :

le “7-10 ans” ne correspond pas à une échéance du fonds, mais à la tranche de maturité des obligations qu’il détient en permanence.

Donc attendre 7 ans sur un fonds non daté ne garantit effectivement pas de récupérer son capital, contrairement à une obligation détenue en direct jusqu’à l’échéance, ou à un fonds/ETF à échéance fixe. Le gérant remplace continuellement les lignes qui sortent de la zone 7-10 ans, donc le portefeuille reste structurellement exposé au risque de taux long.

Pour le fonds 1, j’aurais tendance à dire que sortir uniquement parce que la VL baisse avec la remontée graduelle des taux n’est pas forcément une bonne raison en soi. Comme le portefeuille est sur des maturités plus courtes, il se renouvelle plus vite, donc il peut intégrer plus rapidement les nouveaux niveaux de taux.

La vraie question me semble plutôt être : est-ce que ce fonds correspond encore au rôle que vous lui donnez ?

  • si l’objectif est une poche défensive avec un horizon de 2-3 ans, la baisse ponctuelle de VL ne suffit pas forcément à justifier une sortie ;

  • si l’objectif devient la sécurité quasi contractuelle du capital, alors un fonds euro peut être plus cohérent ;

  • en revanche, sur le fonds 2, l’idée “j’attends 7 ans et je récupère mécaniquement ma mise” me semble erronée, justement parce qu’il n’est pas daté.

D’où l’insistance de MichelO à comprendre vos objectifs. :wink:

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Un grand merci, c’est très clair !

Je complète juste avec quelques remarques / questions annexes.

En soi, un fonds obligataire qui investit majoritairement dans des obligations d’entreprise investment grade n’est pas des plus risqués ? On dit même parfois qu’en période d’incertitude mieux vaut investir sur des fonds privés que des fonds souverains.

Comment savoir s’il reste encore assez de rendement embarqué sur le fonds ? Où est-ce que vous avez pu le voir ?

Le « spread de crédit » signifie que d’autres obligations moins risquées pourraient rapporter autant, elles deviendraient alors plus attractives que le fonds 1 ? Hormis les fonds obligataires souverains, j’imagine qu’ils sont tous soumis à cela

Est-ce qu’il y a une règle de lecture concernant la sensibilité au taux ? Plus ça se rapproche de 2 et alors.. plus ça se rapproche de 0 et…

Enfin une remarque plus générale suite à une situation que j’ai du mal à comprendre. En quoi la remontée des taux par la BCE est-il un outil face à l’inflation ?

Pour les taux de la BCE, je crois pouvoir répondre. Il y a besoin d’un certain volume de monnaie pour permettre l’activité. L’inflation correspond à trop de création monétaire, c’est-à-dire trop d’emprunts auprès des organismes prêteurs pour lancer des projets qui offrent de l’argent en échange de perspectives et non de création de richesses. Du coup, comme il y a plus de monnaie pour le même volume de richesses en circulation, les prix augmentent. La hausse des taux vise à restreindre cette création de monnaie. Les entreprises, en particulier, vont renoncer à lancer les projets les moins rentables puisque rembourser l’argent demandera plus de rentabilité. Il y aura moins de création de monnaie, et le rapport monnaie/richesses cessera de croître trop vite, et les prix avec.

Merci pour votre retour, et plus globalement, pour votre pédagogie tout au long de la discussion !

C’était un peu mon idée aussi sur les causes explicatives. L’argent est « trop » mobilisé et pour « calmer » un peu les choses, le rehaussement des taux limite les capacités d’emprunt et donc limite la dépense

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Bonjour,
J’entends parler un peu des obligations même si sur la toile, ce n’est pas ce qui est le plus traité. De ce que je sais ce sont des détentions de dettes (créances) contre intérêts (coupons) sur une certaine périodicité. Le remboursement de l’obligation arrive une fois l’échéance arrivé. Il existe des obligations d’entreprises et des obligations d’Etat (ces dernières moins risqués mais plus le pays peut faire faillite, moins la note est bonne et plus le rendement attendu est potentiellement élevé contre risque de défaillance). Il y a des obligations à échéances plus ou moins élevées. Il y a des obligations à taux variables (si je ne me trompe pas moins risqué pour l’investisseur si on souhaite revendre à tout moment l’obligation sur le marché secondaire mais plus risqué sur le montant du coupon qui peut être bien plus bas que attendu en cas de baisse de taux) et les obligations à taux fixes avec une relative garantie pour le montant des coupons mais un risque de taux important.
En cas de faillite d’une entreprise, les détenteurs d’obligations sont prioritaires aux détenteurs d’actions.

Et justement je voulais en venir sur le risque de taux des obligations et je me posais la question sur le fait que des investisseurs sur les réseaux sociaux ont parlé d’acheté des obligations long terme (20 ans par exemple) américaines car en plus d’avoir un taux de rémunération plus élevé que le livret A (près de 5% de mémoire), il pourrait y avoir des possibilités (sans garanties) de prise de valeurs de ces obligations si la FED décidait de baisser ses taux (la dette étant cher à financer avec des taux élevés). Ainsi, si les taux passent par exemple de 5% à 2,5%, la valeur des obligation devrait doubler permettant de bénéficier en plus de coupons élevés d’une prise de valeur car si les taux sont divisés par deux, pour s’ajuster aux nouvelles obligations à intérêts 2 fois moins élevés, les anciennes obligations sont vendu au prix double. En revanche, avec le contexte géopolitique avec le prix du brent élevé, le risque d’inflation est fort et il n’est pas exclu de nouvelles hausse de taux. Si les USA avaient des taux de 10% à cause de cela ou d’un déclassement dans la notation de la capacité de remboursement, alors les investissement sur les obligations à 5% verraient leur valeur diminué par 2 sur le marché secondaire car pour s’ajuster aux rendement des nouvelles obligations à 10%, elles devraient donc diminuer en valeur de 50%.

Quels sont vos stratégies en ce moment sur les obligations? En sachant que souvent il est dit que leur prix est inversement corrélé à ceux des actions.

Il y a aussi une formule (mais je ne m’en rappelle plus) qui dit la part d’obligation que l’on devrait avoir en fonction de l’âge (plus élevé, plus on approche de la retraite pour essayer de conserver le capital (car ceux-ci sont en grande majorité moins risqué que les actions) et plus faible (plus d’actions) quand on est plus jeune pour viser la croissance car le temps étant souvent notre allié en investissement dans les actions).
Bien entendu, je ne suis pas expert.

Bonjour Adrien,

Certes, une approche simpliste laisse penser que si les taux sont divisés par deux, la valeur des obligations sera multipliée par deux. Mais en réalité, c’est moins brillant que ça. A tout instant, la valeur des obligations s’établit en fonction non pas du taux instantané, mais de la courbe des taux prévisibles jusqu’à son échéance. Pour qu’on ait multiplication par deux, il faudrait que la division des taux par deux n’ait en rien été anticipée : la Fed, après avoir affirmé qu’elle maintiendrait ses taux jusqu’à tout horizon envisageable, déclare soudain qu’elle les divise par deux et les maintiendra ensuite à ce niveau, vous y croyez ? C’est quasiment un cygne noir.

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L’âge comme critère de la répartition entre obligations et actions est un peu simpliste. Ce qui compte, c’est comment on va avoir besoin de désinvestir au cours du temps. Il vaut mieux ne pas se trouver obligé de vendre des actions pendant un krach avant qu’elle ne remontent. Donc il faut avoir une poche d’obligations suffisante pour passer la mauvaise période, s’il y en a une. L’équivalent de 5 à 8 ans des besoins de liquidités qu’on anticipe à l’instant t. Et ça va dépendre, bien sûr, de son espérance de vie en bonne santé plutôt que son âge. Si on est d’une famille où tout le monde finit centenaire, pas besoin de s’affoler à 65 ans, on laisse presque tout en actions. A l’inverse, si on sait qu’on a toutes les chances de se retrouver dépendant à 75 ans, il vaut mieux avoir gonflé la poche obligations pendant ses premières années de retraite.

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Je me demandais aussi : les obligations à taux fixes paraissent les plus courantes pour des obligations souveraines ou d’entreprises. Les obligations à taux variable sont-elles plus risquées ? Elles dépendent de la variation des taux mais les obligations à taux fixe aussi indirectement comme on l’a vu sur les fonds précédemment cités.

On peut retrouver des obligations à taux variable aussi sur des obligations souveraines ?

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